L’essentiel en bref

Beaucoup de futurs entrepreneurs ne peuvent transformer leur première idée brillante en une entreprise viable qu’avec un capital suffisant. Il y a un certain nombre de points à prendre en compte.

  • Pour financer avec succès une idĂ©e d’entreprise, il faut disposer de suffisamment de fonds propres afin de pouvoir solliciter des fonds de tiers (par exemple des crĂ©dits).
  • La base de toute start-up est un business plan dĂ©taillé avec une estimation prĂ©visionnelle des coĂ»ts.
  • Lors de la crĂ©ation, les achats et la planification du personnel devraient Ă©galement ĂŞtre rĂ©alisĂ©s de la manière la plus Ă©conomique possible.

S’informer sur les sources de financement adaptées et bien planifier

Si l’idée d’entreprise est aboutie mais que l’argent fait défaut, il est indispensable de disposer d’un capital de départ pour concrétiser le projet. Il convient d’abord d’utiliser des fonds propres, tels que:

  • des Ă©conomies
  • des apports en nature
  • un avancement d’hoirie

De nombreux crĂ©ateurs et crĂ©atrices d’entreprise empruntent Ă©galement de l’argent Ă  leur famille ou Ă  des amis. Il existe en outre des business angels, des subventions publiques, des fonds technologiques ou des plateformes de financement participatif (crowdfunding). Un financement de la crĂ©ation d’entreprise au moyen du capital de prĂ©voyance est Ă©galement envisageable, mais selon Jolanda Schwager BĂĽchel, responsable de la zone de marchĂ© clientèle entreprises chez Âé¶ąÉç, il convient de l’envisager avec prudence: «Je recommande de ne recourir au capital de prĂ©voyance pour financer une crĂ©ation d’entreprise que lorsque les autres options de financement privĂ© ne sont pas possibles. Il est alors essentiel de dĂ©terminer d’abord quelle part du capital de prĂ©voyance actuel peut ĂŞtre mobilisĂ©e. Il est tout aussi important de compenser sĂ©parĂ©ment la lacune de prĂ©voyance ainsi crĂ©e.»

Comment combler une lacune de prévoyance?

Si une telle lacune se crĂ©e, elle peut ĂŞtre comblĂ©e par le 3eĚý±čľ±±ôľ±±đ°ů. IdĂ©alement, il faudrait toutefois recommencer Ă  y investir dès que l’entreprise gĂ©nère des revenus. Une lacune peut Ă©galement ĂŞtre comblĂ©e par une assurance perte de gain et une assurance risque en cas de dĂ©cès. De mĂŞme, les assurances accident et maladie peuvent permettre de reconstituer le capital de prĂ©voyance. Selon Jolanda Schwager BĂĽchel, ces aspects sont souvent sous-estimĂ©s. Pourtant, ces coĂ»ts devraient aussi ĂŞtre pris en compte dans un bon business plan.

Quel soutien les jeunes entreprises reçoivent-elles des banques?

Si des crĂ©ateurs ou crĂ©atrices d’entreprise souhaitent obtenir un crĂ©dit bancaire, un business plan dĂ©taillĂ© est toujours nĂ©cessaire. Âé¶ąÉç offre Ă  toutes les start-ups la possibilitĂ© de crĂ©er leur business plan en ligne. Le modèle disponible peut ĂŞtre complĂ©tĂ© de manière interactive. 

Les crĂ©atrices et crĂ©ateurs d’entreprise bĂ©nĂ©ficient chez Âé¶ąÉç de nombreux avantages attractifs, comme par exemple des aides Ă  la dĂ©cision pour choisir la forme juridique appropriĂ©e. Les conseillères et conseillers Ă  la clientèle entreprises sont Ă  leurs cĂ´tĂ©s pour les accompagner et les conseiller. Jolanda Schwager BĂĽchel prĂ©cise Ă©galement quelles sont gĂ©nĂ©ralement les conditions de base pour l’octroi d’un crĂ©dit Ă  une start-up: «IdĂ©alement, les crĂ©atrices et crĂ©ateurs d’entreprise ont dĂ©jĂ  des commandes en cours, mais dans la pratique, c’est rarement le cas. Je recommande donc d’évaluer le potentiel du marchĂ© Ă  l’avance. Il n’est pas nĂ©cessaire d’avoir dĂ©jĂ  des clients ou des contrats, mais il faut avoir vĂ©rifiĂ© si un potentiel de marchĂ© existe.»

Elaborer un business plan

Un bon business plan constitue la base pour orienter une start-up vers l’avenir et la rentabilité. Les établissements de crédit et les banques exigent également un tel plan afin de pouvoir évaluer le risque de l’investissement. Le business plan classique se divise en deux parties: la partie qualitative et la partie quantitative. 

Partie qualitative

Dans cette section, le modèle d’affaires est exposé et sa faisabilité est expliquée. On y retrouve l’analyse du marché, la définition de l’USP (unique selling proposition ou proposition exclusive de vente), ainsi que la stratégie de distribution et de marketing. 

Partie quantitative 

Cette partie inclut un plan de trésorerie prenant en compte les fonds propres et les financements externes. Un plan financier détaillé présente les prévisions de chiffre d’affaires et précise à partir de quand l’entreprise devrait atteindre la rentabilité. Une analyse des risques avec différents scénarios fait également partie du plan.

Jolanda Schwager Büchel explique quelles erreurs sont particulièrement fréquentes lors de l’élaboration du plan financier: «Beaucoup de créatrices et créateurs d’entreprise sont trop optimistes au début lorsqu’ils établissent leur plan de trésorerie. Or, une estimation aussi réaliste que possible est essentielle pour les banques et les organismes de crédit, surtout lorsque l’entreprise doit avancer des fonds ou dépend de paiements importants.»

Les étapes du financement réussi de votre idée d’entreprise

Le graphique montre les six étapes les plus importantes pour le financement d’une idée d’entreprise. La première étape consiste à sécuriser le capital de départ grâce à des fonds propres, des subventions, du financement participatif ou des business angels. Le deuxième point concerne les décisions relatives à la structure de l’entreprise et à la forme juridique, telles que la responsabilité, la gestion et la réglementation. La troisième étape vise à élaborer le business plan, qui comprend une analyse de marché, l’USP, la planification financière, l’évaluation des risques et bien d’autres éléments. Lors de la quatrième étape, il s’agit de mobiliser intelligemment les ressources afin de maintenir la charge financière de l’entreprise aussi faible que possible. La cinquième étape porte sur le marketing et la vente. Elle comprend l’identification du groupe cible, l’élaboration d’une stratégie marketing ou le recours à des spécialistes. La sixième étape concerne la croissance et le contrôle, au cours desquels des jalons sont définis, des capitaux de croissance sont sécurisés et les finances sont surveillées.

Utiliser les ressources de manière optimale

Outre le recours à des fonds propres ou à des capitaux externes, les start-up peuvent déjà poser les bases de leur succès en utilisant des technologies et des outils adaptés. En effet, les programmes essentiels aux processus numériques peuvent mobiliser une part non-négligeable des revenus. Il est donc d’autant plus important d’examiner attentivement toutes les dépenses engagées, tant au démarrage qu’en vue de la croissance future de l’entreprise. Elles comprennent notamment:

  • Systèmes informatiques
  • Outils
  • Moyens de production
  • Investissements prĂ©vus dans les infrastructures

Le choix du bureau peut également représenter un facteur de coût déterminant. Les créatrices et créateurs d’entreprises devraient donc se demander s’ils ont réellement besoin d’un bureau et dans quelle mesure celui-ci est nécessaire.

Après la création de l’entreprise, il est important de toujours remettre en question toutes les ressources, car les besoins évoluent constamment. Les créatrices et créateurs d’entreprises ne devraient pas s’accrocher à d’anciens processus, mais revoir régulièrement leurs procédures afin d’en optimiser l’efficacité et de pouvoir continuer à financer leur idée d’entreprise.

Développer le marketing et la vente de façon ciblée

Le marketing et la vente sont également des leviers importants pour faire connaître son idée d’entreprise. Les deux font partie du business plan et constituent ensemble une première stratégie de mise sur le marché. Lorsqu’il s’agit de financement, par exemple par le biais d’un crédit, les responsables examinent également à travers la stratégie marketing et commerciale si une entreprise a des chances de succès. Par exemple, ils examinent l’analyse de la cible, le positionnement du produit sur le marché et la stratégie en ligne de la start-up. 

Les fondatrices et fondateurs peuvent, comme dans tout autre domaine de la création d’entreprise, rechercher un accompagnement professionnel. Celui-ci peut prendre la forme d’un conseil externe sollicité uniquement en cas de besoin. Des formations et des perfectionnements permettent également aux fondatrices et fondateurs d’acquérir eux-mêmes les compétences nécessaires. 

Avec le temps, des spécialistes peuvent être intégrés à l’équipe, comme des expert-e-s en marketing ou en vente, qui prendront en charge ces domaines en tant que collaboratrices ou collaborateurs. Cependant, tout dépend du bon moment: il est souvent nécessaire de disposer de compétences spécialisées, mais les ressources financières ne permettent pas toujours d’embaucher immédiatement. Dans ce cas, l’échange au sein d’un réseau d’entrepreneurs peut être utile pour acquérir des expériences précieuses et obtenir du soutien.

Bien planifier la croissance

Dès la conception de l’idée d’entreprise, les fondatrices et fondateurs devraient également réfléchir à la croissance qu’ils souhaitent atteindre au cours des prochaines années. Le business plan énumère alors des jalons clairement définis, qui seront ensuite assortis de mesures concrètes pour atteindre les objectifs fixés. Surtout aux débuts d’une start-up, il est important de surveiller régulièrement tous les facteurs de croissance afin de planifier à temps les ressources et les capacités nécessaires.

Comment une entreprise peut-elle obtenir suffisamment de capital pour financer sa croissance?

Outre un crĂ©dit bancaire ou un leasing, Âé¶ąÉç met Ă©galement ses rĂ©seaux Ă  disposition. Grâce Ă  l’initiative de croissance SEF4KMU, lancĂ©e avec le Swiss Economic Forum (SEF), 56 entreprises ont dĂ©jĂ  bĂ©nĂ©ficiĂ© de plus de 100 mio CHF de capital de croissance. De plus, le Âé¶ąÉç Private Investor Circle met en relation des entreprises et des investisseurs, ce qui a dĂ©jĂ  permis des investissements de plus de 120 mio CHF. 

Les échanges personnels réguliers instaurent une relation de confiance entre les investisseurs et les fondatrices et fondateurs. Par ailleurs, il est nécessaire d’établir les comptes annuels. Je recommande aux jeunes entrepreneur-e-s de réaliser également un bilan trimestriel, voire mensuel, ne serait-ce que pour faire régulièrement le point sur la situation.

Conclusion: plusieurs étapes pour un financement réussi

De nombreuses idées d’entreprise ne peuvent être financées qu’avec un capital suffisant. Pour y parvenir, différents options s’offre à vous.

  • Si les fonds propres ne suffisent pas, il est Ă©galement possible de recourir Ă  des capitaux externes.
  • Dans ce cas, il est nĂ©cessaire de poser les bases juridiques appropriĂ©es, notamment en choisissant la forme juridique adĂ©quate de l’entreprise.
  • Un business plan constitue aussi un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant pour la plupart des investisseurs potentiels.

Par ailleurs, les jeunes entreprises ou celles déjà existantes qui souhaitent financer une nouvelle idée devraient toujours utiliser leurs propres ressources de manière efficace et développer de façon ciblée le marketing et la vente. Ainsi, la croissance de l’entreprise peut être financée à court et à long terme.

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