La dĂ©sintermĂ©diation des prĂȘts
Les banques cÚdent le pas à la dette privée

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Les banques cÚdent le pas à la dette privée

La dĂ©sintermĂ©diation des prĂȘts, des banques aux acteurs privĂ©s, nâest pas une tendance nouvelle. Mais les Ă©vĂ©nements rĂ©cents et les tensions dans le secteur bancaire lâont remise au centre de lâattention. Pour dĂ©nouer le vrai du faux, nous nous sommes entretenus avec John Popp, responsable mondial et CIO du Credit Investments Group chez Credit Suisse Asset Management, Andrew Strommen, analyste sĂ©nior en actions actives, Tiffany Gherlone, responsable de la recherche immobiliĂšre, et Baxter Wasson, co-responsable de OâConnor Capital Solutions.
Parfois, ce qui semble ĂȘtre une perte est en fait un gain dĂ©guisĂ©. Comme dans les jours les plus sombres de la crise financiĂšre, oĂč une bonne partie des plus grandes banques de prĂȘt mondiales ont dĂ» prendre leurs distances des marchĂ©s du crĂ©dit pour essuyer leurs pertes et assainir leurs bilans Ă©branlĂ©s. Ă juste raison, les investisseurs ont redoutĂ© que les lignes de financement accordĂ©es aux entreprises en manque de trĂ©sorerie puissent sâassĂ©cher et aggraver le marasme Ă©conomique ambiant.
Au lieu de cela, les investisseurs institutionnels se sont engouffrés dans la brÚche laissée par les banques. Ils ont commencé à fournir directement des fonds aux PME qui en avaient besoin, souvent à des conditions qui semblaient avantageuses pour les deux parties. Les rouages du commerce ont ainsi pu continuer à tourner.
Selon Andy Strommen, un durcissement des rĂšgles encadrant la liquiditĂ© des actifs et les ratios de capital entamerait probablement le rendement des fonds propres des banques, de 2 Ă 3% dans le cas des prĂȘteurs de moyenne capitalisation, voire de 4 Ă 5% en cas de rĂ©cession. Les obliger Ă dĂ©tenir des actifs plus liquides mais gĂ©nĂ©rant de plus faibles rendements les inciterait aussi Ă rechercher des sources de revenus basĂ©es sur les frais dans des secteurs comme la gestion de fortune et la banque dâinvestissement, plutĂŽt que de puiser dans leur bilan en tant que prĂȘteurs.